dimanche 11 octobre 2009 - 12h30

Publié le par Jérôme Becht

Ca y est...

Je suis enfin FINISHER du Championnat du Monde IRONMAN d'Hawaii.

Tout d'abord, je remercie toutes les personnes qui me soutiennent de près ou de loin dans mon parcours. Ma femme, ma fille, ma famille, mes amis les plus proches et les moins proches, les collègues, mes partenaires financiers et mes partenaires logistiques et matériels et tous les autres qui m'ont laissé des messages d'encouragements et de sympathie.
Pour ne rien cacher, à chaud et après quelques heures de mon arrivée, le sentiment de déception m'envahit. Je sais que cela doit me servir pour être encore meilleur, mais pour une première j'attendais un peu mieux ou moins pire !!
La course est ainsi et reflète vraiment l'image partagée de cette île : Paradis ou Enfer ! J'ai vécu le pire enfer que je croyais inéxistant, avec un terrible chemin de croix.
Mais, je sais que dans quelques temps, je me reconstruirais, je chercherais là où ça n'a pas fonctionné, et reviendrais encore plus motivé !!

Compte rendu de mon "Hawaii" :
Samedi 10 octobre, il est 3h45 lorsque le réveil sonne. C'est le jour-J, tant d'années à attendre ce moment, tant d'années à convoiter tous ces qualifiés, tant d'années d'acharnement pour être là aujourd'hui...
Je me repasse mes 20 années de pratique (plus ou moins glorieuses) à vitesse accélérée, avec les premières images que j'ai vu de l'arrivée des pionniers en 1984 de cette course pour devenir  un homme de fer.
Petit dèj' avalé sans bruit, la concentration est au maximum...Je me sens un peu seul, loin des miens qui me manquent et qui vont suivre derrière leur PC ma progression tout au long de la nuit. Je ne veux pas les décevoir...
4h30, départ de l'hôtel et direction Kona. Je suis zen dans la voiture, j'ai hâte d'y être. C'est la course par excellence, la référence. Celle où les meilleurs des meilleurs est représentéé.
Derniers préparatifs dans le parc à vélo, puis je me pose en attendant le départ. Je sens la tension montée, les regards se croisent et en disent long sur l'épreuve qui nous attend. Comme si nous étions des guerriers partants tous au conflit contre un fléau que l'on ne connaît pas...
J'essaie de m'extraire de cette mauvaise vibration, qui me prend les tripes !! Je me dirige doucement vers la plage du départ. Les pros sont déjà alignés et attendent le coup de canon libérateur. Il est 6h45, la vague des élites s'élance. Je commence mon échauffement "tranquillou". L'hélicoptère de la TV tourne au dessus des pros. C'est un spectacle grandiose qui se prépare. Puis, l'hymne national américain chanté acapella donne des frissons dans l'eau. Je suis devant coté gauche, ne laisse la place à personne de me passer devant. Même tactique qu'en Floride. Je suis ému et heureux. L'hélico' revient, c'est signe que le départ est imminent.
7h00, le coup part. C'est la délivrance pour ce parcours de 3900m où je nage fort pour essayer de sortir à tout prix de cette bataille. Mais ça dure longtemps l'histoire !! Puis au bout d'environ 20-25', ça commence à se calmer un peu. Le demi tour n'est pas loin. Je nage encore assez fort pour me placer avant le retour. Puis une fois, contourné les dernières bouées, je prend une allure plus souple afin d'en garder un max pour la suite. Mais des fous furieux, me doublent et me passent quasiment dessus ! C'est encore la bagarre !!! Je ne m'énerve pas, tout en gardant bonne allure, j'essaie d'éviter les coups. La sortie de l'eau n'est pas loin, et tant mieux car je commencais à saturer de cette eau salée !!
La transition se passe nickel, dans la tente blanche, du monde, c'est impressionnant. J'enfile ma paire de chaussettes, sort ma combinaison et c'est partit...J'effectue le parcours obligatoire pour rejoindre l'emplacement de mon vélo. Je le saisie et direction la sortie du parc avec le chrono juste au dessus de nos têtes. 1h03'49''...Natation + T1. Ce n'est pas trop mal !
Je pars donc pour les 180km mythiques. C'est hallucinant la densité de coureurs. Lors du premier tronçon de 10km, des paquets énormes ne peuvent s'éclater. Je me concentre sur moi et ne m'emballe pas. Je roule prudement surtout lorsque je croise avant la sortie de Kona, 2 gars se relevant d'une chûte. C'est partit pour la Queen K et ses longues lignes droites.
J'ai du mal à me mettre en route pendant quasiment 30km. C'est un peu la panique, mais la journée est encore très longue. Puis, doucement, je ressens les appuis et les watts dans les cuisses. Je commence à doubler des petits groupes et roule sans me soucier de quoique ce soit. Dans un faux plat montant, je rejoins difficilement un autre paquet et essaie de le doubler. Malheureusement pour moi, j'ai du mal à passer les gars et un arbitre me colle un carton rouge signifiant que je prend 4' d'arrêt à la "pénality box". Une tente jaune (sur le parcours, il y en a 3) est là pour respecter la pénalité du jour. Pour mon cas, je n'ai pas doubler dans le temps de 30"... dur dur !!
Tant pis, c'est la course, il faut l'accepter. Je repars après cette pseudo récupération en chasse pour recommencer tout le boulot des 30 derniers km.
Au pied de la montée vers Hawi (km 65), je double Marc (M. Godrink) m'ayant passé lors de mon arrêt obligatoire. Je me sens des ailes, je monte vite, je suis carrément au milieu de la route et ne cesse de doubler. A mi chemin du sommet, je croise la tête de course et ça me motive encore plus. C'est super de pouvoir faire sa compétition et en même temps de voir les pros !!
Arrivé à Hawi, je regarde mon compteur vélo qui m'affiche 35,7km/h de moyenne (avec l'arrêt !!!) ce qui est un peu rapide par rapport à mon tableau de marche. Je décide de calmer pour les 85km restants. J'essaie de m'alimenter et là, mon ventre me fait un petit caprice. Rien de bien méchant, j'arrive à bien boire ma boisson énergétique.
A tous les ravitos, je saisie un bidon d'eau fraîche pour m'arroser et ainsi enlever le max de sel collé sur la tenue. Je commence à penser à la course à pied. Mes colloc' (Marc, CB et Fab) m'avaient prévenu que le dernier tronçon de 40km, si j'étais bien, je doublerais du monde partit trop vite !! Chose faîtes, et en plus, j'en garde sous la pédale...Je suis un peu aux anges, je ne cesse de croire à mon jour !!
L'arrivée sur Kona est vraiment frissonnante. Des spectateurs de partout. J'effectue ma descente du vélo et rentre dans le parc pour la T2 (2ème transition) Je récupère mes affaires de course à pied et direction la tente de changements.
Je sors du parc assez vite (enfin, je crois) et m'élance sur le marathon.
Le premier mile (1,61km) est couvert en 7' tout rond avec des sensations très moyenne. Je me dis que c'est normal et que ça va revenir. 2ème mile, je sens mes jambes en coton et mes boyaux qui me font mal !!!!
Je ne cesse de me rassurer et me dis que ce n'est que passager et qu'après ça va envoyer !
Malheureusement, ça va durer et même empirer ! Au 3,5 mile, je marche et me sens pas bien du tout...Je m'arrête et vomi sur le bord. Là ça commence mal ! Je reprend ma course et j'arrive à trouver un bon rythme d'environ 13km/h...
Premier WC que je vois, j'y saute dedans pour me vider "liquidement" parlant. La tête tourne, je suis mal...Je me rhabille et reprend mon chemin qui va devenir un ENFER !!!!!!
Je ne suis pas très lucide et l'envie d'abandonner m'envahit...Je m'accroche à tout ce que je peux pour ne rien lâcher et aller au bout. Je suis au km 12 et il en reste 30 !!!!!
Mon long chemin de croix commence et ma lutte contre mon corps à déjà débuter. Je jette ma ceinture de ravito en montant le "mur" de Palani road. Je pleure sur place, car je n'ai plus de force pour courir plus de 400m...En haut, je tourne vers le Nord, sur la Queen K et je suis prévenu que le premier va arriver. J'essaie de me concentrer sur les meilleurs que je croise pour me faire oublier les km restants. Lors d'un stand de ravitaillement, je reconnais un "frenchie" qui est mal lui aussi. Je le motive à m'accompagner pour aller au bout. Et petit à petit, le miles s'égrainent, mais mes problèmes gastriques reviennent. De nouveau un arrêt WC. Je suis en pleine déshydratation. C'est la cata !!!! A partir de maintenant, tout ce que je peux boire ce n'est que du cola, et m'arroser car la température flirte avec les 39°C. C'est la cuisson et lorsqu'on est pas bien c'est la "mort" !!!!!!!
J'ai souvent des pertes de lucidité et ne me rend pas compte de ce que je vois, dis ou fais...Je suis vraiment au plus mal...
Thierry M. (mon binome de survie) m'encourage à ne pas jeter l'éponge. Il reste 10km et je n'en peux plu ! On doit trottiner à 7 ou 8 km/h !!!! Je marche plus souvent que je cours. Les ravitaillements avec tous ces bénévoles sont une aide pour s'accrocher. Je repense aux images des finishers à 4 pattes en train de ramper pour finir ! Je ne veux pas terminer comme cela !
Je me suis fais une raison sur le chrono depuis un bon moment et ne pense qu'à une seule chose...passer cette "finish line" coûte que coûte !!
Les derniers km sont enfin là. Je n'arrête pas de me plaindre sur mon sort, mais en voyant d'autres triathlètes qui eux démarrent juste leur marathon, je me dis que j'ai beaucoup plus de chance...
Dernier tronçon sur Alli drive, il reste 400m...les plus beaux, les plus forts en émotions. J'ai promis que je ne craquerai pas et que je passerai cette ligne la tête haute.
C'est le soulagement, je termine mon premier Championnat du Monde exténué mais tellement heureux que ce soit finit.
Le résultat importe peu surtout quand on passe à coté...Maintenant je peux enfin le dire haut et fort :
I'm an IRONMAN finisher of the world championship in Hawaii !


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M
<br /> Bravo à toi mon Jérôme,<br /> <br /> Tu as fait une course extraordinaire, dans la souffrance tu n'as pas abandonné, quel courage !<br /> Nous avons suivi ta course avec beaucoup d'intensité !<br /> Je suis fière de toi et de tout ce que tu as entrepris jusque là !<br /> Bravo encore<br /> Nous t'embrassons tous les 3 très fort !<br /> Marie Ta soeurette<br /> <br /> <br />
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G
<br /> Bravo pour cette performance !!<br /> Tu penses être passé à travers ton objectif mais tu y étais et tu l'as fait !! Respect pour ta volonté d'aller au bout....ca force l'admiration surtout d'avoir terminé dans de telles conditions<br /> pour faire un marathon !!<br /> Bonne récupération !!<br /> Gilles<br /> <br /> <br />
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P
<br /> BRAVO BRAVO BRAVO, j'espére que tu as bien pensé aux gens comme moi, qui rêvons d'y aller sur cette ile magique, il fallait pas abandonner, tu l'as fais... RESPECT !<br /> <br /> <br />
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L
<br /> bah, tout a été dit....tu as vécu ton reve, meme si tu as été en galère, tu l'as fais...et ça c'est déjà énorme! un grand bravo...<br /> a bientot sur la route pour un tit run de récup(bah sinon je pourrai pas suivre..)<br /> encore bravo pour ce que tu as fais jérome...<br /> <br /> <br />
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M
<br /> BRAVO Jérôme, tu l'as fait. RESPECT. Bonne récup' et au plaisir de te revoir.<br /> <br /> <br />
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